Étrange

 Étrange
Manger des chiens pour économiser des croquettes. Que sommes nous vraiment ? Magique ? Horrible ? Rien ? Possible. Des boites en carton sur le sol. Des plantes en plastiques emballés sur nos tombes de marbres. Pour ne pas pourrir ni trop prendre l'humidité ne pas trop arroser. Sous la pluie les parapluie. La mousse sur nous. Le temps derrière, la nuit devant. Les yeux piquent, la peau est irrité. Radioactive vie. On chauffe, on brule. On y arrivera. Des néons partout, mon lit clignote. Mon linceul sera synthétique. Et mon parfum chimique. Des bulles dans ma tête. Des moustiques dans ma vie. Des mouches dans mon lit. Je n'ai pas le courage de remuer un os, sans muscle, les ongles fendus, rayent. Quand arriverais-je à ôter les toiles d'araignées ? Au plafond une vie, au sol une vie, aux murs une vie. Javel nettoie tout. Carrelage blanc jusqu'au plafond, robinets partout. Homme blanc et bleus masqués. Le poison qui donne vie à la mort. Sous la publicité l'envie. Sous la santé la vie. Et sous la vie ? Les lumières éclairent dehors mais pas dedans. Panne d'électricité, l'eau ne coulera plus. La montagne s'écroule. Par le trou de la serrure pas d'issue. Mais où est passé la clef ? J'ai mangé mais demain, recommencerais-je ? La tête dans les pensées. De la neige dehors, sur la plage ensoleillée, de la neige à trente degrés ? Mon bain est froid, laissons l'eau chaude couler, une éternité ou deux. L'eau entre les ponts est glacée. Le temps pourtant ne s'est pas arrêté. De la mousse dans la ville. Remontées d'égouts dégoutants. Il pleut des charognes. Dormir. Tout se mélange, se superpose, s'entrechoque. Suite logique sans sens. Insensible nature neutre. La racine du pissenlit, mangée. S'agiter, faire gonfler et exploser. Voir à travers. Ne pas savoir. Manger des cerises mais pas le gâteau en dessous. De la poussière d'étoile dans les yeux. Mais dans un ciel, couleur bouse de vache. Sur le papier des taches. Le stylo bave comme une limace, on le traine, comme on se traine tant bien que mal. La roue de la voiture s'emballe et ne peut plus s'arrêter pas une seule voie de détresse avant l'accident. Mortel.

# Posté le mercredi 04 novembre 2009 11:13

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 11:38

Cake battle

Cake battle
J'étais dans un supermarché et, comme si j'allais y trouver une chose exceptionnelle, j'examinais le contenu de chaque rayon avec plus ou moins d'attention. J'admirais comment les produits étaient bien alignés, tous dans le même sens, en rangée uniforme. Je m'étonnais de voir que pas un seul n'était de travers. Il fallait dire qu'aucun client ne se trouvait dans le magasin, cela me sembla étrange. Je fis quelques pas dans la grande surface, à la recherche de la présence d'une autre âme, hélas, je ne vis personne. Plus étonnant encore, même les caisses étaient vide. Pas de caissière, pas de vigile, personne ! Je jugeais donc que j'étais seul dans un magasin pourtant ouvert. Mais au final cela ne me gênait pas le moins du monde. Je commençais une promenade à travers le magasin désert, tout me semblait paisible.

Puis à force d'être seul, je commençais à entendre des bruits ... Cela me fit frissonner, je commençais à regarder partout. Puis, soudain, je vis que je m'étais juste achoppé à un paquet de céréales bizarrement placé au niveau du sol que mon pied avait heurté par total inadvertance. Je tentais de me rassurer et souriais mais avec un air toujours sceptique sur le fait que je sois seul dans ce magasin. Je me déplaçais alors lentement, en regardant des paquets de pain de mie, des croissants, des pains au chocolat industriels et autre viennoiseries pour éviter de penser à autre chose, même si j'étais toujours préoccupé. Soudain je remarquais qu'une chose blanche tombait sur moi. Alors je l'esquivai rapidement pour ensuite faire fuser mon regard un peu partout sur ce qui avait bien pu me lancer cela. Je ne vis personne. Au sol s'étala la tarte à la crème. Le rayon pâtisserie se trouvait juste à coté. Je n'étais donc pas alors seul. Je devais prendre une décision: ou fuir, ou aller sur le lieu qui avait permis le crime ; je pourrais y trouver d'autres gâteaux à lui lancer, voire même le dénicher, mais c'était aussi risquer de s'en recevoir d'autres ... Finalement, un élan de courage me fit me déplacer furtivement jusque dans le rayon pâtisserie. De nombreux gâteaux étaient placés dans leur boîte en plastique avec une étiquette où l'on pouvait y lire en bas, en tout petits caractères: « Produit décongelé, à ne pas recongeler. » Puis, finalement, je remarquais qu'un deuxième rayon juste à coté était consacré lui aussi à la pâtisserie. Je m'y avançais et découvris avec étonnement des gâteaux de plus en plus gigantesques et, cette fois-ci, non entourés de plastique. Les derniers gâteaux me semblaient si larges et si épais qu'il aurait fallu s'y mettre à quatre pour pouvoir le déplacer sans risquer de le briser. D'ailleurs, même les fraises et cerises qui en agrémentaient le dessus étaient énormes ; du jamais vu, presque aussi grosses que le poing ! Inutile de préciser que le prix était aussi gros que le gâteau. Tandis que je me trouvais abasourdi face à l'immensité, ma vigilance baissa et je me reçus une part de mille feuilles dans l'épaule ! Alors je pris la première chose tenable qui se trouvait à ma portée: une tarte aux pommes mais qui était, hélas, déjà prédécoupée. Alors je me mis à lancer une portion ridicule de tarte, mais il était déjà parti sans que je pusse le voir déguerpir. Alors, armé de bouts de tarte aux pommes, je m'avançais prêt à en lancer un. Une fois au bout du rayon, je crus voir une ombre et alors lançai, un poil tremblant, un morceau en direction de ce que je voyais. Puis finalement je vis l'ombre s'approcher. Alors, effrayé, j'envoyais tous les morceaux de tarte juste avant l'ombre, peut-être glissera-t-elle dessus ? Je me réfugiais derrière le rayon pâtisserie pour savoir ce qu'il en adviendrait. Je saisis un gros gâteau à la fraise, prêt à le lancer, tout en jetant discrètement un ½il dans l'allée entre les deux rayons. Quand je vis sa tête surgir, je m'empressais de projeter gâteau en sa direction, tout sembla se passer à la fois tellement lentement mais en même temps si vite. Sitôt la pâtisserie lancée, je courus m'enfuir sans même regarder si le projectile avait atteint sa cible. J'entendis un bruit derrière moi, je ne fis pas trop attention, je commençais à être haletant, mon souffle couvrait les sons alentours. Mais, à force de courir trop vite, je ne pouvais plus faire deux pas aisément, alors je m'arrêtais un instant et me cachais derrière le rayon boissons. J'ouvris un pack d'eau pour en saisir une grosse bouteille de deux litres. S'il fallait en arriver là, j'étais prêt à l'asperger ! Je reprenais mon souffle tout en pensant à pourquoi il faisait cela. Soudain, je le vis ressurgir face à moi du coté de rayon auquel je ne m'attendais pas pas le voir arriver. Tandis qu'il me lançait un paquet de céréales, j'ouvris ma bouteille d'eau et m'approchais de lui pour l'arroser. Finalement je lui lançai la bouteille plastique une fois qu'elle fût vidée. Puis je courus à nouveau dans les rayons. Je me retrouvais alors dans le rayon où l'on trouvait des couverts et des assiettes. Je saisis un lourd plat, prêt à l'envoyer. Mais quant il arriva, je le vis avec un long couteau de cuisine. Il lui fit faire transpercer l'air en ma direction. J'étais quasi pétrifié, mais dans un dernier geste de survie j'utilisais le plat que j'avais entre les mains comme bouclier. J'entendis le couteau heurter le plat puis tomber au sol générant un bruit métallique. Je reculais, avec mon plat afin d'être à portée d'autres plats aussi larges. Puis j'envoyai mon plat vers cet inconnu qui manqua de se le recevoir et partit du rayon. Aussitôt je saisis un nouveau plat, je prévoyais son prochain assaut. Mais je me demandais de quel coté du rayon il surgirait. Je regardais successivement des deux cotés. Puis j'entendis du bruit provenant d'un coté, alors je me positionnais prêt à me défendre, mais rien ne venait de ce coté. Alors je fis volte face et, les yeux exorbités, je découvris un couteau encore plus grand s'avançait vers moi sans que je puisse m'en protéger. Alors je fus pris de rire ...

Non je ne mourus point.

# Posté le samedi 17 octobre 2009 07:15

Accident de l'humanité

Accident de l'humanité
Il mâchouille son stylo attentivement
cela va faire déjà un long moment
dans sa bouche le morceau de plastique
acheté pas cher dans une grande boutique
soudain gicle, et le liquide se mettant à couler
sa salive d'encre se retrouve noyée
coule de sa bouche le fluide noirâtre
alors les mots deviennent acariâtres,
dégouline le coulis d'un dégueulis d'expression
qui laissent l'impression d'oppression
de l'amour, de la vie, de la liberté, de l'envie
rince toi la bouche on te prie !
De l'eau pour nettoyer, de l'eau pour effacer
de l'eau pour laisser couler, de l'eau pour oublier

# Posté le vendredi 02 octobre 2009 15:04

∞
Pétales de roses fanées tombent sur le plancher
comme tombent mes larmes, dedans je me suis noyé
dans cette baignoire remplie de nostalgie
je vois devant mes yeux défiler ma vie
je vois des horloges partout, tourner
beaucoup trop vite pour moi, je suis complètement dépassé
je ne peux plus supporter attendre
son c½ur je veux juste prendre
hélas il m'adore, il m'admire et je passe à coté
je repense à tout ça, lui m'a oublié
de me dérober à y penser je ne peux
hélas accepter puis oublier serait mieux
mais tout revient, ce fantôme me revient
et hante le c½ur qu'est le mien
m'étreint, me pique, m'assassine, m'enchaine
à quand le prochain, la prochaine ?
je l'attend
fermement
les horloges tournent trop vite
les années passent ... sans doute elle m'évite
tout faire et se sentir ignoré
ou attendre sans jamais la trouver ?

# Posté le mercredi 30 septembre 2009 07:00

Crève charogne, je te pardonne

Crève charogne, je te pardonne
« Non mais crève ! » dis-je sur un ton sérieux, le visage inexpressif. Je vis son visage pâlir.
« Ta gueule, n'essaye même pas de parler ! » certes j'y avais peut être été un peu fort mais il le fallait. J'allais pas me laisser marcher dessus non plus. Je vis sa bouche entrouverte incapable de prononcer un seul mot. Je profitais alors de cet instant de gloire, qui m'offrait presque comme un plaisir sadique à avoir le dessus pour ré-expliquer le fond de ma pensée une toute dernière fois et rétablir un semblant de vérité.
« Tu sais, me faire du mal ne te rendra pas plus fort ... » lançais-je. Il ne su réfuter. Alors dans ses quatre vérité je lui en déballa une, comme on ouvre un cadeau à noël avec plaisir et vivacité:
« Ton esprit est pourri jusqu'au plus profond, tu es irrécupérables, un déchet, tu crois avoir réussit mais en réalité ... » Je commençais presque à monologuer. L'autre, outré semblait presque attentif à mes paroles même si je sentais bien qu'elle nia tout en bloc. Oui c'est vrai, mes propos auraient pu être un peu trop extrême pour son étroit esprit, elle aurait pu comprendre qu'il lui fallait se suicider. On notera qu'il aurait été sympathique de ma part de lui offrir une corde pour pouvoir se pendre, car les personnes dans le genre peuvent être frustrés de ne pas réussit leur acte fatal ; au lieu de cela, dans mon sadisme le plus pur je lui déclara:
« Mais n'ayez crainte, il existe des solutions pour les gens dans votre cas ! Tout est possible à présent, vous pouvez toujours changer. Il suffit juste de faire le bon choix, de savoir prendre les bonnes mains quand elle se tendent à vous ... Saisissez notre offre ! Vous verrez votre vie deviendra plus agréable et cela sera nettement plus supportable pour les autres. Tout le monde sentira comme un soulagement ! » Et là je lui sortit un de mes plus beaux sourire, comme si je l'absolvais d'être une tâche dans l'humanité.

# Posté le vendredi 18 septembre 2009 16:35

Modifié le samedi 19 septembre 2009 03:53