J'étais dans un supermarché et, comme si j'allais y trouver une chose exceptionnelle, j'examinais le contenu de chaque rayon avec plus ou moins d'attention. J'admirais comment les produits étaient bien alignés, tous dans le même sens, en rangée uniforme. Je m'étonnais de voir que pas un seul n'était de travers. Il fallait dire qu'aucun client ne se trouvait dans le magasin, cela me sembla étrange. Je fis quelques pas dans la grande surface, à la recherche de la présence d'une autre âme, hélas, je ne vis personne. Plus étonnant encore, même les caisses étaient vide. Pas de caissière, pas de vigile, personne ! Je jugeais donc que j'étais seul dans un magasin pourtant ouvert. Mais au final cela ne me gênait pas le moins du monde. Je commençais une promenade à travers le magasin désert, tout me semblait paisible.
Puis à force d'être seul, je commençais à entendre des bruits ... Cela me fit frissonner, je commençais à regarder partout. Puis, soudain, je vis que je m'étais juste achoppé à un paquet de céréales bizarrement placé au niveau du sol que mon pied avait heurté par total inadvertance. Je tentais de me rassurer et souriais mais avec un air toujours sceptique sur le fait que je sois seul dans ce magasin. Je me déplaçais alors lentement, en regardant des paquets de pain de mie, des croissants, des pains au chocolat industriels et autre viennoiseries pour éviter de penser à autre chose, même si j'étais toujours préoccupé. Soudain je remarquais qu'une chose blanche tombait sur moi. Alors je l'esquivai rapidement pour ensuite faire fuser mon regard un peu partout sur ce qui avait bien pu me lancer cela. Je ne vis personne. Au sol s'étala la tarte à la crème. Le rayon pâtisserie se trouvait juste à coté. Je n'étais donc pas alors seul. Je devais prendre une décision: ou fuir, ou aller sur le lieu qui avait permis le crime ; je pourrais y trouver d'autres gâteaux à lui lancer, voire même le dénicher, mais c'était aussi risquer de s'en recevoir d'autres ... Finalement, un élan de courage me fit me déplacer furtivement jusque dans le rayon pâtisserie. De nombreux gâteaux étaient placés dans leur boîte en plastique avec une étiquette où l'on pouvait y lire en bas, en tout petits caractères: « Produit décongelé, à ne pas recongeler. » Puis, finalement, je remarquais qu'un deuxième rayon juste à coté était consacré lui aussi à la pâtisserie. Je m'y avançais et découvris avec étonnement des gâteaux de plus en plus gigantesques et, cette fois-ci, non entourés de plastique. Les derniers gâteaux me semblaient si larges et si épais qu'il aurait fallu s'y mettre à quatre pour pouvoir le déplacer sans risquer de le briser. D'ailleurs, même les fraises et cerises qui en agrémentaient le dessus étaient énormes ; du jamais vu, presque aussi grosses que le poing ! Inutile de préciser que le prix était aussi gros que le gâteau. Tandis que je me trouvais abasourdi face à l'immensité, ma vigilance baissa et je me reçus une part de mille feuilles dans l'épaule ! Alors je pris la première chose tenable qui se trouvait à ma portée: une tarte aux pommes mais qui était, hélas, déjà prédécoupée. Alors je me mis à lancer une portion ridicule de tarte, mais il était déjà parti sans que je pusse le voir déguerpir. Alors, armé de bouts de tarte aux pommes, je m'avançais prêt à en lancer un. Une fois au bout du rayon, je crus voir une ombre et alors lançai, un poil tremblant, un morceau en direction de ce que je voyais. Puis finalement je vis l'ombre s'approcher. Alors, effrayé, j'envoyais tous les morceaux de tarte juste avant l'ombre, peut-être glissera-t-elle dessus ? Je me réfugiais derrière le rayon pâtisserie pour savoir ce qu'il en adviendrait. Je saisis un gros gâteau à la fraise, prêt à le lancer, tout en jetant discrètement un ½il dans l'allée entre les deux rayons. Quand je vis sa tête surgir, je m'empressais de projeter gâteau en sa direction, tout sembla se passer à la fois tellement lentement mais en même temps si vite. Sitôt la pâtisserie lancée, je courus m'enfuir sans même regarder si le projectile avait atteint sa cible. J'entendis un bruit derrière moi, je ne fis pas trop attention, je commençais à être haletant, mon souffle couvrait les sons alentours. Mais, à force de courir trop vite, je ne pouvais plus faire deux pas aisément, alors je m'arrêtais un instant et me cachais derrière le rayon boissons. J'ouvris un pack d'eau pour en saisir une grosse bouteille de deux litres. S'il fallait en arriver là, j'étais prêt à l'asperger ! Je reprenais mon souffle tout en pensant à pourquoi il faisait cela. Soudain, je le vis ressurgir face à moi du coté de rayon auquel je ne m'attendais pas pas le voir arriver. Tandis qu'il me lançait un paquet de céréales, j'ouvris ma bouteille d'eau et m'approchais de lui pour l'arroser. Finalement je lui lançai la bouteille plastique une fois qu'elle fût vidée. Puis je courus à nouveau dans les rayons. Je me retrouvais alors dans le rayon où l'on trouvait des couverts et des assiettes. Je saisis un lourd plat, prêt à l'envoyer. Mais quant il arriva, je le vis avec un long couteau de cuisine. Il lui fit faire transpercer l'air en ma direction. J'étais quasi pétrifié, mais dans un dernier geste de survie j'utilisais le plat que j'avais entre les mains comme bouclier. J'entendis le couteau heurter le plat puis tomber au sol générant un bruit métallique. Je reculais, avec mon plat afin d'être à portée d'autres plats aussi larges. Puis j'envoyai mon plat vers cet inconnu qui manqua de se le recevoir et partit du rayon. Aussitôt je saisis un nouveau plat, je prévoyais son prochain assaut. Mais je me demandais de quel coté du rayon il surgirait. Je regardais successivement des deux cotés. Puis j'entendis du bruit provenant d'un coté, alors je me positionnais prêt à me défendre, mais rien ne venait de ce coté. Alors je fis volte face et, les yeux exorbités, je découvris un couteau encore plus grand s'avançait vers moi sans que je puisse m'en protéger. Alors je fus pris de rire ...
Non je ne mourus point.